LES BLETTES

LES BLETTES

Blette à carde

Valeur nutritive de la blette à carde

  Bette à carde crue, 40 g/250 ml Bette à carde bouillie, égouttée, hachée 90 g/125 ml
Calories 7 18
Protéines 0,7 g 1,7 g
Glucides 1,4 g 3,8 g
Lipides 0,1 g 0,1 g
Fibres alimentaires 0,6 g 1,9 g
 
Charge glycémique : donnée non disponible
Pouvoir antioxydant : bon, mais donnée exacte non disponible

Source : Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2010.

Profil santé de la bette à carde

Les bienfaits de la bette à carde

Plusieurs études épidémiologiques ont démontré qu’une consommation élevée de légumes et de fruits diminuait le risque de maladies cardiovasculaires13, de certains cancers14 et d’autres maladieschroniques1,2,15. La présence d’antioxydants dans les légumes et les fruits pourrait jouer un rôle dans cette protection.

Diverses études in vitro et sur des animaux ont été menées avec des extraits de bette à carde. Voici les principaux résultats. Mentionnons que d’autres recherches devront être entreprises pour déterminer si ces effets se retrouveraient aussi chez l’humain.

 

  • Diabète de type 2. La bette à carde est utilisée traditionnellement, particulièrement en Turquie, pour contrer le diabète. Des études ont démontré que la consommation d’extraits de bette à carde améliorait le contrôle du diabète chez l’animal en augmentant la sécrétion d’insulinepar les cellules du pancréas9. L’extrait de bette à carde procurait aussi une protection des reins, du coeur et du foie, contre les dommages associés au diabète10-12.
  • Cancer. Certains composés présents dans la bette à carde (des flavonoïdes) ont démontré in vitro un effet inhibiteur sur la prolifération des cellules cancéreuses humaines8.
  • Maladies neurodégénératives. Une étude in vitro a démontré qu’un extrait de bette à carde pouvait prévenir l’apparition de maladies comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Les composés contenus dans l’extrait de bette à carde auraient le pouvoir d’inhiber l’enzyme acétylcholinestérase, une stratégie utilisée pour le traitement de plusieurs maladies neurodégénératives17.

Que contient la bette à carde?

Antioxydants
La bette à carde renferme des composés phénoliques, en particulier des acides phénoliques et des flavonoïdes, tels les acides syringique et caféique et le kaempferol5,8. Selon une étude in vitro, ce sont ces composés qui confèrent à la bette à carde une grande partie de sa capacité antioxydante17. Les antioxydants protégeraient les cellules du corps des dommages causés par les radicaux libres3, des molécules impliquées dans l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement19.

Pour une capacité antioxydante maximum
La bette à carde rouge posséderait une plus grande activité antioxydante que la blanche, et ses feuilles davantage que ses tiges5.
La cuisson de la bette à carde, au four, au four à micro-ondes ou bouillie, n’influencerait pas sa capacité antioxydante, mais la cuisson sous pression et la friture pourraient la diminuer de 14 % à 19 %18.

La bette à carde contient aussi des bétalaïnes, notamment des bétaxanthines16 et des bétacyanines4, des pigments antioxydants qui lui donnent sa couleur rouge5. Une étude a démontré que la consommation de bétalaïnes extraites de la poire cactus (ou figue de barbarie), retarderait l’oxydation du « mauvais » cholestérol (LDL)6, un facteur de risque cardiovasculaire. Les bétalaïnes de la poire cactus pourraient également pénétrer dans les globules rouges et contribuer à les protéger contre le stress oxydatif7. On ignore toutefois si les bétalaïnes de la bette à carde possèdent les mêmes propriétés, et si ce qui a été observé in vitro peut se transposer dans l’organisme humain.

Vitamines et minéraux principaux

 

Excellente source Vitamine A La bette à carde bouillie est une excellente source de vitamine A. La bette à carde crue en est une bonne source pour la femme et une source pour l’homme.
Excellente source Vitamine K La bette à carde est une excellente source de vitamine K.
Excellente source Fer La bette à carde bouillie est une excellente source de fer pour l’homme et une source pour la femme. La bette à carde crue en est une source pour l’homme seulement.
Excellente source Magnésium La bette à carde bouillie est une excellente source de magnésium pour la femme et une bonne source pour l’homme. La bette à carde crue en est une source.
Bonne source Cuivre La bette à carde bouillie est une bonne source de cuivre tandis que la bette à carde crue en est une source.
Bonne source Manganèse La bette à carde bouillie est une bonne source de manganèse pour la femme et une source pour l’homme. La bette à carde crue en est une source.
Source Vitamine B2(riboflavine) La bette à carde bouillie est une source de vitamine B2.
Source Vitamine B6(pyridoxine) La bette à carde bouillie est une source de vitamine B6.
Source Vitamine C La bette à carde est une source de vitamine C.
Source Vitamine E La bette à carde est une source de vitamine E.
Source Calcium La bette à carde bouillie est une source de calcium.
Source Potassium La bette à carde bouillie est une source de potassium.

Précautions

Vitamine K et anticoagulants. La bette à carde contient une quantité élevée de vitamine K. Cette vitamine, nécessaire entre autres à la coagulation du sang, peut être fabriquée par l’organisme en plus de se trouver dans certains aliments. Les personnes prenant des médicaments anticoagulants (par exemple Coumadin®, Warfilone® et Sintrom®) doivent adopter une alimentation dont le contenu en vitamine K est relativement stable d’un jour à l’autre. Si de la bette à carde est consommée, la portion ne doit pas dépasser 125 ml (1/2 tasse) si elle est crue, ou environ 1/4 tasse si elle est cuite. Il est fortement conseillé aux personnes sous anticoagulothérapie de consulter un diététiste-nutritionniste ou un médecin afin de connaître les sources alimentaires de vitamine K et de s’assurer d’un apport quotidien le plus stable possible.

Calculs urinaires. Les personnes à risque de lithiases urinaires (calculs rénaux ou pierres aux reinsconstituées d’oxalate et de calcium) doivent restreindre leur consommation d’aliments riches en oxalate. Les oxalates sont des composés qu’on retrouve naturellement dans plusieurs aliments, incluant la bette à carde. Il est donc jugé prudent pour ces personnes d’éviter d’en consommer.

Choix et conservation

Conserver

Réfrigérateur. De 2 à 3 jours dans un sac perforé, sans laver. Les tiges se conserveront plus longtemps si elles sont séparées des feuilles.

Congélateur. Les feuilles se congèlent bien entières après avoir été blanchies 2 minutes et refroidies à l’eau glacée. Avant de les congeler, enlevez les tiges, car elles présentent une texture peu agréable après la congélation.

 

La petite histoire de la bette à carde

Le terme « bette », est apparu dans la langue française au XIIIe siècle. En France, on emploie également le mot « blette » pour désigner la bette à carde. Le terme « carde », qui vient du latin carduus, signifie « chardon ». S’il a servi également à désigner la bette, c’est que l’on consomme de la même manière les tiges d’une plante proche du chardon (le cardon) et de la bette. Le terme « poirée », qui désigne les tiges de la bette à carde blanche, vient de « porée », qui signifiait jadis « potage » et qui dérivait de « poireau », un légume qui jouait un rôle de premier plan dans les potages.

La bette à carde et la betterave possèdent un même ancêtre commun (B. vulgaris var. maritima). Sa racine était peu développée et la bette à carde a gardé cette caractéristique. La plante vient du bassin méditerranéen et s’est dispersée vers l’est à une époque préhistorique. Contrairement à la betterave qui aurait été introduite assez tardivement dans l’histoire, la bette à carde aurait été consommée depuis toujours. Bien qu’elle ait été améliorée au fil du temps, la plante demeure très proche de ce qu’elle était il y a des milliers d’années.

Les Grecs de l’Antiquité consommaient la bette à carde. Au IVe siècle avant notre ère, Aristote mentionne dans ses écrits une variété à tiges rouges tandis qu’un siècle plus tard, le philosophe Théophraste parle d’une variété à feuilles vert clair et d’une autre à feuilles foncées. À leur suite, les Romains la consommeront et feront souvent mention de ses usages culinaires et médicinaux. Par contre, elle mettra plusieurs siècles à se rendre en Inde et en Chine, où on ne la découvrira qu’au VIIe siècle.

Les nervures des feuilles de bette à carde et les tiges peuvent être rouges, blanches ou jaunes. Ces tiges sont charnues comme du céleri et s’apprêtent comme des  asperges.

En Europe, on trouve mention de ses usages dans les plus anciens écrits portant sur les aliments d’origine végétale. Au XVIe siècle, un botaniste suisse décrit une forme à tiges jaunes, ce qui complète la liste des formes connues à l’époque (rouge et blanche). Malgré cela, la bette à carde blanche a toujours dominé les autres, qui ne sont appréciées que dans les cercles restreints de jardiniers-cuisiniers amateurs.

Ce légume est encore relativement peu connu en Amérique du Nord, sauf dans le Sud, où l’on apprécie ses feuilles. La bette à carde est cuisinée en Europe essentiellement pour ses tiges. Ses feuilles sont souvent jetées, bien que ce soit la partie la plus nutritive de la plante.